Laisser gratuit l’accès aux cathédrales

23 novembre 2017

Chargé par le président de la République d’une mission sur le patrimoine, l’animateur Stéphane Bern a émis la suggestion de rendre payante l’entrée des cathédrales pour assurer leur entretien.


L’idée n’est pas nouvelle. En 2014, la proposition avait circulé lors d’une réunion entre le ministre de la Culture et le Centre des monuments nationaux pour faire face au gouffre que représente la charge des 77 cathédrales de France.

Relancée par Stéphane Bern, la proposition a suscité un tollé, notamment sur les réseaux sociaux.


Alors que la question de rendre payante l’entrée des cathédrales a été posée, l’occasion est donnée de rappeler certains points importants pour l’Eglise catholique.

Les cathédrales érigées avant 1905 sont propriété de l’Etat tandis que l’Église catholique en est affectataire. La Loi de 1905 rappelle que, si l’État est propriétaire des lieux de culte, ceux-ci restent affectés au culte de façon permanente, totale et gratuite. La loi précise encore que « la visite des édifices et l’exposition des objets mobiliers classés seront publiques : elles ne pourront donner lieu à aucune taxe ni redevance » (art.17).

En outre, les cathédrales, alors même qu’elles font partie du patrimoine culturel de la France, sont avant tout des lieux de prière et de culte dont l’accès doit être libre. En notre époque de bruit et de tribulations, les cathédrales constituent des lieux de paix et d’intériorité, proposés à tous.

Rendre leur accès payant entamerait la dimension de gratuité que comporte la proposition de la foi, la rencontre avec Dieu, dont les édifices religieux peuvent constituer un cadre. Parce que les cathédrales sont des lieux d’expression de la spiritualité catholique - notamment dans sa dimension artistique -, leur accès libre est aussi un accès libre à la foi chrétienne.

Les cathédrales sont des lieux d’expression d’une foi vivante, pas des musées.

Pour autant, l’entretien des cathédrales est une préoccupation croissante pour l’État comme pour l’Église. Et il est bien souvent urgent de trouver des ressources nouvelles pour accompagner l’État dans sa responsabilité d’entretien de ces édifices.

Avec les catholiques, ce sont les français et tous les visiteurs qui peuvent être sollicités pour participer librement, par leur générosité, à la sauvegarde de ce patrimoine tant historique, artistique que spirituel. Déjà, des organismes existent pour la sauvegarde de ce patrimoine.